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Cap Skirring- Casamance A la veille du démarrage de la nouvelle saison touristique d’hiver 2009 – 2010 au Sénégal, nous donnons la parole à Monsieur Jean-Paul FONTAINE, Directeur-gérant de l’hôtel 5 ***** (N.L) « Les Alizes Beach Resort » (www.les-alizes-hotel.com & info@les-alizes-hotel.com) à Cap Skirring (Casamance / SENEGAL / AFRIQUE DE L’OUEST). CC (Christian COSTEAUX) : Pour nos internautes, pouvez-vous décrire succinctement votre activité professionnelle actuelle ? JPF (Jean-Paul FONTAINE) : Au cours des 8 dernières années, mon épouse Barbara et moi-même avons érigé le 1er complexe hôtelier & immobilier de prestige (5 ****) de Casamance, en bordure immédiate de la plus belle plage de Cap Skirring. Nous avons résolument opté pour le segment « haut de gamme », à l’époque inexistant en Casamance et très peu présent dans le reste du Sénégal. La proximité immédiate du village CLUB MED 4 tridents de Cap Skirring et de son magnifique golf de 9 trous, situé en bordure de mer, n’étaient pas étrangers à ce choix de segment « upscale ». CC : Qu’offre la verte région naturelle et tropicale de Casamance par rapport aux autres régions touristiques du Sénégal ? JPF : Il est évident que la région naturelle de Casamance offre un paysage qui n’existe tout simplement pas dans le reste du Sénégal. Cette magnifique région enclavée, située beaucoup plus au sud du reste du Sénégal et de la Gambie, est la seule à offrir un climat et une végétation de type tropical. Nous profitons de 320 jours d’ensoleillement par an et les températures de l’air et de l’eau sont systématiquement plus élevées que dans les régions sahéliennes de Saint-Louis, de Dakar ou de la « Petite Côte ». Ce dernier atout est fondamental pour les 3 mois plus frais de janvier à mars, situés au cœur même de la saison touristique de soleil d’hiver au Sénégal. Les pluies abondantes qui arrosent copieusement de la mi-juillet à la mi-octobre (3 mois de saison des pluies) la région naturelle de Casamance alimentent tout le reste de l’année une végétation luxuriante. Ces pluies permettent les cultures rizières, maraîchères et fruitières. La Casamance est considérée depuis toujours comme le « grenier » du Sénégal. C’est tout dire. Les paysages sont époustouflants de beauté et le vaste réseau de bolongs (mangrove), qui s’étend largement de chaque côté du fleuve Casamance, alimente une faune et une flore remarquables. Faut-il enfin rappeler que la région touristique artificielle de la « Petite Côte » (75 Kms au sud de Dakar), qui dispose de très peu d’atouts naturels, n’aurait plus que probablement jamais été développée il y a plus de 20 ans sans la survenance des prémices du long conflit indépendantiste casamançais. CC : Pouvez-vous nous parler des plages de Cap Skirring, que l’on dit paradisiaques ? JPF : Comme tous les guides touristiques concernant le Sénégal ne manquent pas de le signaler, les plages de sable fin de Cap Skirring sont les plus belles du pays. Certains les considèrent d’ailleurs comme étant les plus belles de toute l’Afrique de l’Ouest. La présence constante et rafraîchissante des vents Alizés durant toute l’année évite la chaleur oppressante qui règne sur nombre d’autres plages moins favorisées du pays. Les plages de sable blond de Casamance s’étendent sur des dizaines de kilomètres entre la Gambie (zone de Basse-Casamance Nord) et la Guinée Bissau (zone de Basse-Casamance Sud). Le fleuve Casamance sert de frontière naturelle entre ces 2 sous-régions. A Cap Skirring, même au cœur de la saison touristique, il est peu fréquent de croiser des promeneurs ou des pêcheurs en nombre le long de ces vastes étendues de plages, également accessibles en 4X4, en quad ou en VTT. CC : Quels sont les atouts spécifiques de la station balnéaire réputée de Cap Skirring ? JPF : Sans conteste : les plus belles plages du Sénégal ; la présence du magnifique golf maritime 9 trous du CLUB MED voisin, ouvert au public extérieur ; la présence du 2ème aéroport international du Sénégal, récemment modernisé et agrandi ; des vols internationaux directs, en saison touristique, au départ de Paris ; la possibilité de pratiquer presque toutes les activités sportives (golf, tennis, pêche, chasse, excursions en 4X4, excursions en pirogue, quad, catamaran, jet ski, ski nautique, kayak, pédalo VTT,…) ; l’absence totale de pollutions ; la grande amabilité des populations locales ; la fraîcheur et la qualité des aliments « bio » (poissons, viandes, fruits, légumes) ;… CC : Pouvez-vous nous parler des populations locales ? JPF : Mon épouse Barbara et moi-même avons l’habitude de répéter un dicton local qui dit que « qui découvre la Casamance ne retourne plus jamais dans le reste du Sénégal » ! CC : Quelle est votre analyse personnelle du long conflit indépendantiste casamançais, officiellement terminé depuis près de 5 ans ? JPF : Il me semble tout d’abord utile de rappeler que ce conflit indépendantiste, l’un des plus anciens qui existait alors en Afrique, a débuté en 1982 pour se terminer en 2004, soit 22 ans plus tard. Contrairement à de nombreux autres pays africains « sous tensions », le conflit casamançais ne fut, ni ethnique, ni religieux. Il fut strictement économique. Et il est désormais clôturé, à la plus grande satisfaction de tous. Il est donc plus que temps de se concentrer sur la poursuite de la relance économique et sociale de cette merveilleuse région naturelle au potentiel touristique très important. Les grands travaux de reconstruction (routes, ponts, écoles, université, port, hôpital,…) sont déjà bien avancés. L’espoir est donc immense d’oublier rapidement les conséquences économiques et sociales négatives de ces troubles, qui ont mis entre parenthèse durant plus de 20 ans le développement économique et social de notre superbe région. CC : Les touristes ne doivent-ils pas craindre les soubresauts sporadiques de ce long conflit indépendantiste? JPF : Comme le prévoyait il y a moins d’1 an Dominique STRAUSS-KANE, Directeur Général du F.M.I, tout le continent africain est aujourd’hui clairement impacté par les conséquences de la crise économique et financière. L’instabilité y est grandissante partout, en ce compris en Afrique de l’Ouest (Guinée-Conakry, Guinée-Bissau, Mauritanie, Mali, Gambie et Sénégal).Comme dans tous les pays d’Afrique qui ont connu une certaine instabilité politique, la région naturelle de Casamance subit de temps à autres des attaques sporadiques et des rapines, qui sont plus le fruit de « coupeurs de route » ou de pseudo-rebelles que des derniers rebelles irrédentistes du MFDC. Ces incidents ponctuels surviennent majoritairement en dehors de la saison touristique d’hiver (de mai à septembre). Ils sont liés aux trafics divers de yamba (marijuana locale), noix de cajou et bois nobles, avec lesquels les rebelles et pseudo-rebelles couvrent une partie significative de leurs besoins de financement. Il me semble cependant essentiel de signaler que ces activités n’ont jamais touchés la zone touristique balnéaire de Cap Skirring et l’axe routier Cap Skirring-Ziguinchor (zone de toutes les excursions touristiques), quel que soit le moment de l’année. Aucun incident ayant impliqué des touristes n’a été répertorié depuis plusieurs années. CC : Quels sont les défis auxquels sera confronté la station balnéaire de Cap Skirring au cours de la saison 2009-2010, ainsi qu’au cours des prochaines années ? JPF : Le village 4 tridents du Club Med de Cap Skirring n’ouvrira pas ses portes durant cette prochaine saison 2009-2010, pour raison indépendante de sa volonté (incendie de la grande case centrale (restaurant, bar, salle de spectacles et sanitaires)) et après 35 ans de présence à Cap Skirring. La remise en état des lieux prendra plusieurs mois. Les populations locales vont souffrir des conséquences économiques et sociales résultant de la non ouverture du village Club Med de Cap Skirring. D’autre part, nous n’avons plus de compagnie aérienne nationale pour l’instant, suite au dépôt de bilan d’AIR SENEGAL INTERNATIONAL en fin de saison touristique dernière. Les informations pratiques concrètes et la mise en place effective de la nouvelle compagnie aérienne nationale sont inexistantes à ce jour, malgré plusieurs projets en réflexion, et arriveront bien trop tard dans notre préparation estivale et dans le lancement de notre communication commerciale saisonnière. Il est URGENT pour la Casamance que le gouvernement sénégalais considère l’enclavement de notre région comme une priorité absolue ! A ce jour, 2 uniques vols charters hebdomadaires sont annoncés pour la prochaine saison, dont l’un des deux par la compagnie aérienne charter XL AIRWAYS, qui gère historiquement le transport aérien des clients du Club Med. Le 2ème vol de la compagnie aérienne charter AIR MEDITERRANEE n’opérera probablement que durant la période des fêtes de fin d’année, même si pour l’instant cette compagnie charter prévoit d’opérer jusque fin avril 2010. Enfin, l’augmentation significative du nombre de vols internationaux vers Cap Skirring et Ziguinchor, ainsi que l’allongement de 2 mois de la durée de saison touristique d’hiver sont les préoccupations principales des hôteliers et de tous les prestataires touristiques. A moyen terme, il est important pour les populations locales que la saison touristique dure 8 mois (jusqu’à fin juin) au lieu de 6 actuellement (jusqu’à fin avril), d’autant que le climat est exceptionnel durant ces 2 mois de mai et juin. C’est d’autant plus frustrant que nous sommes confrontés à des périodes de la saison touristique d’hiver où des clients européens souhaitent venir en Casamance, nos hôtels disposent encore de places et…il n’y a plus de billets d’avions disponibles sur les vols trop peu nombreux qui desservent Cap Skirring. L’incertitude à ce jour concernant l’accès au golf 9 trous du village Club Med de Cap Skirring est un autre point noir pour tous les hôteliers. La saison 2009-2010 s’annonce donc sous des auspices peu favorables. Enfin, il me semble évident que c’est aux nombreux acteurs touristiques locaux, au Syndicat d’Initiative et du Tourisme de la Région de Ziguinchor, au nouvel Office du Tourisme de Casamance et aux diverses autorités publiques et administrations locales et régionales, de faire en sorte de ne pas reproduire les débordements bien connus de la « Petite Côte » autour de Sally - Mbour (hébergement illégal, prostitution, pédophilie, drogue, jeux, insécurité,…). J’espère cependant que ces divers groupes agiront enfin rapidement, conjointement et efficacement. Enfin, à cette liste de « maux touristiques » classiques, il faut encore ajouter le contrôle attentif et la protection stricte de la nappe phréatique de Cap Skirring. CC : Ne craignez-vous pas les conséquences possibles d’une extension de la pandémie actuelle de grippe A (H1N1) ? JPF : Le développement automnal et hivernal de la pandémie de grippe A (H1N1) pourrait avoir des répercussions négatives sur la fréquentation de lieux publics confinés, tels que les avions. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’un report de déplacements internationaux par les vacanciers et/ou les autorités sanitaires internationales. Notre saison touristique d’hiver couvrant ces seules 2 saisons, les répercussions en termes de fréquentation ne doivent donc pas du tout être sous-évaluées. CC : Comment évolue pour l’instant le marché immobilier à Cap Skirring ? JPF : Je suis résolument positif en la matière, même si le marché mondial de l’immobilier résidentiel de vacances se trouve actuellement au point mort et le restera certainement au cours de l’année prochaine. En effet, la situation immobilière de Cap Skirring ne peut absolument pas être comparé aux situations immobilières qui prévalent actuellement et qui prévaudront au cours des 5 prochaines années en Espagne et en Floride, pour ne citer que ces 2 exemples. Les stocks de biens immobiliers construits et encore à vendre à ce jour sont quasi inexistants à Cap Skirring pour l’instant et ne sont pas amenés à augmenter au cours des 12 prochains mois, laissant présager une reprise progressive des transactions immobilières à prix inchangés, dès la sortie de la récession économique en cours. D’autre part, le Club Med vient de dévoiler cet été les principaux aspects de son propre projet immobilier de prestige à horizon de 2 à 3 ans concernant son village de Cap Skirring. La pérennité à long terme de ce village semble dont acquise, ainsi que celle du potentiel de candidats acheteurs immobiliers et clients hôteliers, dont tous les opérateurs économiques de notre station balnéaire continueront à bénéficier. CC : Quelles nouveautés réserve la Casamance à ses visiteurs pour cette nouvelle saison touristique d’hiver? JPF : En ce qui me concerne, je considère que l’achèvement complet des travaux routiers entre l’aéroport international de Banjul (GAMBIE) et la frontière sénégalo-gambienne est un facteur fondamental de développement touristique pour la Casamance. En effet, de très nombreuses compagnies aériennes régulières européennes, réputées pour leur ponctualité, desservent Banjul, capitale gambienne, au départ de nombreux pays européens (Belgique, France, Espagne, Italie, Portugal, Angleterre,…). Banjul n’est qu’à 1H45 de Ziguinchor et 2H45 de Cap Skirring, via une des plus belles et confortables routes de Casamance. Sans compter la possibilité de découvrir 2 pays d’Afrique de l’Ouest (1 francophone et 1 anglophone) au cours d’un même voyage. L’augmentation de 2 à 3 rotations par semaine des vols Bruxelles-Banjul, opérés par la compagnie aérienne belge régulière BRUSSELS AIRLINES, évitera à l’avenir à la clientèle belge de nos hôtels de se déplacer inutilement à l’aéroport de Paris-Roissy (d’accès moins aisé par rapport à l’aéroport de Paris-Orly) pour y prendre un vol charter pour Cap Skirring. Il est d’ailleurs profondément regrettable que le Sénégal n’ait pas saisi cette occasion unique de faire atterrir directement à Cap Skirring cette clientèle belge en nombre croissant, qui est aujourd’hui la 2ème nationalité représentée en Casamance, juste après la clientèle française. CC : Avez-vous un dernier commentaire à ajouter ? JPF : Un séjour en Casamance offre un dépaysement total, dû entre autres, aux changements radicaux de continent, de race, de culture, de paysage et de climat. Cap Skirring (Casamance), le lundi 23 août 2009
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